Système Picatinny : une mort annoncée ?

Garde-main RIS Picatinny pour MP5 (Image Vector Optics).

Nous vous parlions dans notre dernier article du système RIS vu dans sa globalité, afin de déterminer si le système en lui-même est dépassé, ou seulement sa composante Picatinny. La conclusion étant que le système RIS a encore de beaux jours devant lui, de nouvelles évolutions technologiques venant enrichir ses capacités, et que le Picatinny est déjà supplanté techniquement par le Keymod et le M-LOK, ses deux principales alternatives, sauf pour l’aspect montage d’optiques et d’aides à la visée, où le Picatinny permet une plus grande fiabilité et une meilleure répétabilité des montages, même s’il est de toutes façons plus sage de re-régler toute optique / optronique à chaque nouveau montage, ne serait-ce que pour contrôler la précision des réglages.

Le système RIS : une interface dépassée ?

Dans un prochain article, comme promis, nous allons voir lequel du Keymod ou du M-LOK est le plus pertinent et durera, et surtout : pourquoi. Mais auparavant, suite à vos nombreux retours et questions sur le précédent article, il convient de revenir sur plusieurs points de ces systèmes face au Picatinny.

Une querelle des anciens contre les modernes ?

Certains argument en faveur du Picatinny survivent encore, notamment chez ceux voulant expliquer la présence du Picatinny sur le HK416F récemment adopté par l’armée française par des raisons pragmatiques. Autant être clair : ces arguments tiennent de la légende urbaine.

Déjà parce qu’aucun des 5 fusils proposés pour le remplacement du Famas ne disposaient d’autre chose que de rails Picatinny. Le VHS K2 de la HS Produkt et le Beretta ARX 160 disposaient cependant de rails amovibles, pour reprendre les points poids et surtout ergonomie mentionnés dans l’article précédent.

Ensuite parce que c’est précisément l’aspect pragmatique qui a conduit au recul du Picatinny depuis deux ans chez les concepteurs de fusils d’assaut. Au point que même HK, légendaire par son approche « rien comme tout le monde », a développé sa propre variante de Keymod, le HKEY.

Système qui est, soit dit en passant, une absurdité, autant par sa géométrie d’origine (système favorisant la perte des accessoires en cas de mauvais serrage, compte-tenu de l’orientation inverse au Keymod) fort heureusement inversée depuis, que par son exclusivité (très faible gamme d’accessoires directement compatibles => obligation de passer par un rail … Picatinny monté sur le HKEY pour utiliser les accessoires déjà détenus par l’institution ou l’utilisateur).

L’argument robustesse supposée du Picatinny est curieux également. La quantité de matière inhérente au système Picatinny le rendrait plus solide, plus résistant aux rigueurs de l’emploi militaire ou forces de l’ordre.

Deux choses à considérer ici.

Nombre d’armes n’avaient jusque récemment (une vingtaine d’années, voire moins) que des garde-mains en polymère : M16, M4, Famas, G36, AK74, MP5 et des dizaines d’autres. Ceux-ci n’ont pourtant jamais posé de problèmes de longévité particuliers, même lors de l’emploi de grenades à fusil par exemple. Ils servent même encore souvent de support de montage de rails Picatinny, ou d’interfaces diverses. Et sur les fusils à pompe en calibre 12, on ne se pose pas la question, pourtant là aussi les nouveaux systèmes prennent la relève, même sur des RIS en polymère (pour le M-LOK, le Keymod étant forcément sur alu).

ROBAR 870 avec pompe Magpul avec M-LOK, customisée (Image ontargetmagazine.com). Exactement le type de modifications faisables chez nous au passage.
ROBAR 870 avec pompe Magpul avec M-LOK, customisée (Image ontargetmagazine.com). Exactement le type de personnalisations / améliorations faisables chez nous au passage.

Certes qui dit allègement dit perte d’intégrité structurelle. Sauf si celle-ci est compensée dès la conception de l’objet. Ce qui est le cas avec les RIS Keymod ou M-LOK aux standards militaires, pensés différemment de ceux à destination des marchés civils (tir sportif, 3-guns, rails spécifiques airsoft, etc.). On vous souhaite cordialement bonne chance pour tordre un RIS M-LOK Geissele. Le CAG (la « Delta Force ») ne l’a pas adopté comme rail standard sur ses HK416 pour rien, et ils voient bien pire et bien plus extrême dans leur job quotidien que 99% des utilisateurs de RIS dans le monde.

Certaines anecdotes récentes confirment que les nouveaux RIS n’ont rien de plus fragiles que les anciens à système Picatinny.

Dans le domaine civil, ils démontrent aussi leur pertinence dans des domaines exigeants (notamment les compétitions 3-guns).

VEPR 12 avec RIS Keymod Dissident Arms (Image Dissident Arms). Exactement le type de custom que peut réaliser PhoeniX Equipement.
VEPR 12 avec RIS Keymod Dissident Arms (Image Dissident Arms). Ici aussi, un custom coloré réalisable chez nous.

Enfin, les aspects ergonomie et modularité.

  • La nécessité de recourir aux couvre-rails pour un minimum de confort sur Picatinny est non seulement une absurdité à reléguer au passé et ajoute un léger poids supplémentaire (ça + ça + ça …), mais aussi un inconvénient ergonomique. Un RIS Picatinny n’est déjà pas mince par nature, rajouter encore une surépaisseur donne à l’ensemble un profil encombrant et volumineux, quand un RIS Keymod ou M-LOK peut être utilisé brut, n’ayant pas besoin d’être couvert par quoique ce soit, et pouvant au choix de l’opérateur (par exemple contre la chaleur, on y reviendra), recevoir une sorte de chaussette qui n’augmente en rien l’épaisseur générale, ou des inserts minces « remplissant » les ouvertures. Simple : entre un quad-rail Picatinny avec couvre-rails, et un garde-main M-LOK par exemple, sur un modèle donné, le diamètre peut être jusqu’à 50% plus grand pour l’ancien, et la circonférence … Sauf que nos mains ne sont pas extensibles.
Picatinny (à gauche) vs M-LOK (à droite) sur SCAR : l’image est parlante (Images TFB assemblées).
Picatinny (à gauche) vs M-LOK (à droite) sur SCAR : l’image est parlante (Images TFB assemblées).
  • L’argument de l’impossibilité de monter des lance-grenades ou fusils à pompe sur RIS non-Picatinny est invalide : non seulement cela a déjà été fait (sur M-LOK, via rails Picatinny accessoires certes, pour l’instant), mais en plus Magpul (inventeur du M-LOK) travaille depuis 2015 dessus et se tient à disposition des demandeurs éventuels pour réaliser des interfaces spécifiques permettant de se passer de tout rail Picatinny (et ainsi gagner encore en compacité, ergonomie, poids, autant sur le RIS que sur le lance-grenade ou FAP monté). De surcroît, certains RIS M-LOK sont en deux parties, permettant le montage d’un 40mm classique à fixation sur le canon.
« – Is M-LOK strong enough to mount an UBGL?
– Yes, we have looked at it, designed it, tested it to validate the concept. It should not be an issue. It is an application we are ready to build when the time comes » (Duane Liptak, patron de Magpul Dynamics et directeur adjoint de Magpul Industries, ex-USMC comme pilote de chasse avant de rejoindre les « cool guys » du MARSOC).
AR15 Springfield Armory avec garde-main en deux parties pour montage, par exemple, d'un GL 37 ou 40mm (image SA).
AR15 Springfield Armory avec garde-main Keymod en deux parties pour montage d’un GL 37 ou 40mm (image SA).
  • Pour finir, les nouveaux systèmes permettent de se passer d’interface de montage complexe pour disposer de tous types d’accessoires sur ces RIS améliorés, tout comme pour les lance-grenades mentionnés plus haut. Sur M-LOK par exemple, nul besoin d’une sorte d’étau avec axe traversant ajoutant hauteur sur axe canon, épaisseur et poids à toute lampe ou pointeur laser monté sur Picatinny : deux vis à came suffisent. De fait, de plus en plus d’accessoires compatibles sont disponibles, tous les grands fabricants du secteur étant passés au nouveaux systèmes, sans pour autant délaisser le Picatinny, toujours demandé (et le sera encore sérieusement 10 ou 15 ans certainement).

 

LWRC IC-A5 des forces spéciales suédoises : ni Keymod ni M-LOK, LWRC a carrément pris le parti de supprimer les rails, montables au besoin. 14,5 pouces et seulement 3kg à vide (Image LWRC).
LWRC IC-A5 des forces spéciales suédoises : ni Keymod ni M-LOK, LWRC a carrément pris le parti de supprimer les rails, montables au besoin. Garde-main en deux parties pour montage GL40mm. 14,5 pouces et seulement 3kg à vide (Image LWRC). La prochaine mouture passera au M-LOK et devrait être le futur fusil standard de l’armée suédoise.

Un seul point posant problème sur les RIS Keymod ou M-LOK : le refroidissement. L’aluminium fonctionne simplement face à la chaleur : plus il y a de matière, plus il y a de surface en contact avec l’air, plus il dissipe la chaleur. Certes, l’avantage de ces RIS modernes est d’être plus aérés, donc de permettre une meilleure circulation de l’air autour du canon, mais en cas de tir soutenu pendant un temps limité, le RIS peut devenir trop chaud pour une utilisation mains nues correcte, même s’il refroidira ensuite rapidement.

Certains ont fait part de craintes relatives à l’éventualité que des corps étrangers viennent se coincer dans les rails : crainte légitime, mais infondée : les ouvertures, particulièrement pour le M-LOK, ne sont guère différentes des évents de refroidissement existant déjà sur de nombreuses armes (dont les SCAR, AK récentes etc.). De plus ce qui pourrait facilement rentré peut facilement être extrait. Pas le cas sur un RIS Picatinny classique de M4A1 que tout le monde connaît, qui dans certaines circonstances, fait littéralement pelleteuse.

Ce qui nous amène à l’entretien après sorties champêtres par temps de marsouin : il sera inévitablement beaucoup plus simple si les formes sont plus simples. Un rail Picatinny plein de boues demande un minimum de temps pour un nettoyage propre, une brosse, etc. Un rail Picatinny recouvert de couvre-rails pleins de boues demande un temps de dingue pour un nettoyage propre.

Il n’y a donc pas de querelle anciens contre modernes, mais bien une rupture technologique.

Une rupture technologique vraiment ?

Même si celle-ci passe inaperçu chez nous Européens de l’Ouest, où le sujet armement individuel, autrefois hautement culturel, est hélas délaissé par les foules malgré son intérêt certain à de multiples niveaux (aspects techniques, tactiques, stratégiques, sociologiques, historiques) : oui.

Rupture à tel point d’ailleurs que certaines firmes américaines vendent comme des petits pains de quoi transformer par exemple le SCAR de Picatinny en M-LOK ou Keymod.

M-LOK sur SCAR par Parker Mountain Machine.
M-LOK sur SCAR par Parker Mountain Machine, un exemple parmi d’autres.

Magpul, à l’origine du M-LOK dont la conception initiale est très antérieure au Keymod bien que celui-ci soit arrivé en premier sur le marché public, a plusieurs fois révolutionné le domaine armement de petit calibre. L’arrivée du Masada en 2007 a marqué le départ d’une longue série d’innovations majeures dans le domaine, qui ont toutes poussées les autres firmes à s’aligner et à tenter de raccrocher les wagons.

Au point que leurs chargeurs polymère PMAG (une première qui a révolutionné le secteur) initialement incompatibles avec certains fusils ont poussé les fabricants desdits fusils à retourner à la planche à dessin modifier leurs armes, et non l’inverse (même s’il y a eu geste de Magpul qui a un temps lancé l’EMAG spécifiquement pour … la boîte qui ne fait rien comme les autres ! Ah oui, HK. Pour le 416 et le SA80 / L85 modifié par HK pour être précis.).

Quand les fabricants s’adaptent aux accessoiristes, et non l’inverse …

Imaginez, c’est un peu comme si demain Michelin lançait un nouveau type de pneus, et que les fabricants automobiles changent radicalement l’architecture des liaisons au sol de leurs voitures en moins de 6 mois. Il faudrait là un pneu révolutionnaire et à très fort impact sur le marché. C’est exactement ce qu’il s’est passé.

PMAG Gen M3 : l’USAF y passe (après l’USMC, SOCOM, …), la France non

L’idée qui prévaut tout le temps chez Magpul et transpire dans chacun de leurs produits (qu’on aime ou pas, ce n’est pas le sujet) est le double objectif LIM et KISS :

  • LIM : « less is more », le design doit servir la fonction, et non l’inverse ;
  • KISS : « keep it simple and stupid », tout doit rester simplement évident pour l’utilisateur, pas de complexité inutile.

Bilan : des idées proprement géniales la plupart du temps, souvent surprenantes (retour au polymère pour les garde-mains quand tout le monde pensait l’aluminium nouveau matériau de référence, propos à nuancer pour certaines applications militaires), aboutissant à des produits plus légers, plus ergonomiques (la boîte consacre une partie notable de son budget à la recherche bio-mécanique fonctionnelle, cas unique dans le domaine) et qui font référence.

Le M-LOK ne fait pas exception : nous y reviendrons dans la comparaison face au Keymod.

Keymod qui prouve cet état de fait : conçu par deux fabricants (VLTOR et Noveske), c’est un échec commercial même s’il est libre de droits ET open-source : le M-LOK se vend trois fois plus que le Keymod.

La encore donc, les fabricants s’adaptent à l’accessoiriste. Et plus aucune boîte ne néglige l’intégration du M-LOK dans ses armes, même HK (via Geissele, certes).

Du M-LOK sur du HK natif : une première très récente (quelques semaines). Image TFB.
Du M-LOK sur du HK natif : une première très récente (quelques semaines). Image TFB.

Une rupture techno à plusieurs niveaux.

La rupture technologique qu’à introduit le système MOE et qu’ont poursuivi son descendant le M-LOK et son concurrent le Keymod est à plusieurs niveaux :

  • le coût de production : Keymod comme M-LOK utilisent moins de matériau que du Picatinny : voir la photo de couverture de l’article, quantité de métal impressionnante pour un garde-main de MP5. Ils demandent moins d’usinage en temps comme en complexité, et moins de post-traitement (anodisations ou autres) que le Picatinny ;
Rails Picatinny avant usinage : donne une idée de la masse présente et du coût de production (Image Alcobra Metals).
Rails indépendants Picatinny avant usinage : donne une idée de la masse de matière présente et du coût de production (Image Alcobra Metals).
  • la régularité de production : les cotes des deux systèmes étant moins contraignantes que celles du Picatinny (même si un effort a été fait avec le NAR, l’architecture reste la même), le contrôle qualité est moins complexe et moins long (don également moins coûteux) ;
  • la rapidité de production : conséquence des deux facteurs précités, elle ajoute encore au paramètre coût de production par ailleurs (s’il ne faut que 6h d’électricité et de main d’oeuvre pour produire au lieu de 10h, CQFD) ;
  • l’ergonomie : deux points ici :
    • fini le « cheese grater » / la râpe à fromage dénoncée par tant d’utilisateurs pestant contre les rails nus et leur inconfort au tir, fini les RIS de gros diamètre et qui accrochent et abîment le matériel de l’utilisateur ;
    • bien plus de possibilités de montage. Sur un M4 par exemple, on ne peut avoir en Picatinny que 4 positions pour les montages (haut / bas + côtés), même si certains ont tenté il y a une quinzaine d’années de trouver des solutions bâtardes en modifiant le Picatinny ;  en Keymod ou en M-LOK, c’est jusqu’à 8 positions. Comme si l’on passait de la chaise de bureau dont l’assise monte et descend, au fauteuil bardé de réglages.
Système RIS M-LOK Troy (image guns.com).
Système RIS M-LOK Troy (image guns.com).
  • l’encombrement / poids : fut un temps la logique était « massif = solide », sauf que techniquement c’est loin d’être aussi simple, et que la tendance actuelle est à alléger au maximum, pour augmenter la mobilité, compenser l’emport toujours plus important d’accessoires techno lourds ;
Lampe montée sur M-LOK avec interface dédiée.
Lampe montée sur M-LOK avec interface dédiée : montage aussi bas que possible, aussi léger que possible.
  • la polyvalence : les rails du futur seront connectés, comme déjà abordé dans le précédent article. Le système Picatinny se prête mal à cet exercice, et surtout au prix d’usinages très, très coûteux, tandis que les deux autres sont tellement simples dans leur conception que l’intégration d’un réseau électrique est une formalité, la tâche la plus compliquée restant côté accessoires.

Il est ainsi remarquable de constater qu’à peine quelques mois après sa participation victorieuse au programme AIF, HK présente aux allemands pour succéder au G36 (et durer jusqu’en 2046 minimum) deux fusils recourant au HKEY plutôt qu’au Picatinny pour les rails latéraux, gardant du Picatinny pour les optiques (rail supérieur) et l’intégration d’un lance-grenade utilisant les interface existantes (rail inférieur). Et quand lesdites interfaces auront évolué, le Picatinny ne servira plus que pour les optiques, comme vu plus tôt.

Pas mieux du côté des polonais, où le Radom MSBS fraîchement adopté sous le nom « GROT » et aux lignes très proches du Masada originel (et configurable en bullpup, une première mondiale) est passé au M-LOK. Idem chez les russes, etc.

MSBS Radom GROT en configuration standard (Image Radom).
MSBS Radom GROT en configuration standard (Image Radom).

Conclusion :

Comme dit dans le précédent article, si le système Picatinny reste une valeur sûre pour le montage des optiques, pour tout le reste, le système est condamné, à moyen terme.

Nous avons vus cette fois comment trop de facteurs lui sont défavorables, et comment les nouveaux systèmes apportent des réponses plus en rapport avec, d’une part les besoins des utilisateurs professionnels comme loisir actuels, d’autre part les contraintes inhérentes à la fabrication de ce type de matériels.

Quant au prochain article : nul besoin de suspense : le M-LOK est supérieur, on l’aura compris ou deviné à la lecture de certains éléments ici, pour ceux qui ne le sauraient pas déjà. Il s’agira surtout de voir pourquoi cette supériorité, et de voir si le M-LOK est un nouveau standard (alors qu’il ne s’agit pas d’un MIL-STD / STANAG mais d’un design privé libre de droits) où s’il est une évolution technique de transition avant autre chose.

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